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FRANÇAIS

Ceci est le blog de Joanes Apaolaza, le personnage principal de la BD IHES EDERRA [Alberdania 2009] écrite en Basque par Hedoi Etxarte (Pampelune 1986) et dessiné par Alain Urrutia (Bilbao 1981). Le livre a déjà une édition en espagnol [La Bella Huida, Alberdania 2010] traduite par Hedoi Etxarte et mise en page par Alain Urrutia, puis une autre édition en catalan [La Bella Fugida, Alberdania 2010] traduite par Carme Oliveras et encore mise en page par Urrutia.



L’édition basque et la traduction espagnole et catalane.

[!] Iban Etxezaharreta a publié un article sur la BD sur l’hebdomadaire électronique Pays Basque Info :

Politique fiction et poésie, en basque et en B.D.




Imaginer un Pays Basque au début du XXIe siècle qui serait une « République libre basque » depuis 1813 suite aux guerres napoléoniennes qui auraient tourné différemment. C’est la trame de Ihes ederra (Alberdania, maison d’édition basée à Irun qui vient de traduire en basque Le Pays de Darrieussecq) d’Hedoi Etxarte et d’Alain M. Urrutia qui leur permet tout un jeu de miroirs avec notre actualité, en inversant des situations et des justifications. Ainsi des forces nationalistes espagnoles revendiquent la création d’un grand Royaume allant de l’Adour au Sahara, et ont recours à la violence politique (avec un GAL, Grupo Anexionista Liberal). Une « loi des partis » en 2001 a mis hors-la-loi certaines de ces forces politiques,…

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Une des originalités de ce livre est également d’imaginer l’existence d’une extrême droite nationaliste basque, Euskal Irauna, avec à sa tête un Bernat Mirande avec les traits de Dieudonné, qui serait le fils de Jon Mirande ami de Céline et de Brasillach…

On se promène ainsi par étonnements successifs autour d’un imaginaire qui fait écho à la situation actuelle. Un récit avec un déroulé cinématographique grâce au dessin du bilbotar Alain M. Urrutia qui multiplie les clins d’œil. On y croise ainsi les rappeurs de MAK, et tout un panthéon révolutionnaire local et international (Paul Nicholson, Susan George, Hugo Chavez, Thomas Sankara, Koldo Izagirre, Breton, Slavoj Zizek, Alain Badiou, Ken Loach,…)

Les références spatiales locales sont aussi remarquables. Le topo, la gare de Bayonne et son quartier St-Esprit, la place St André et Paul-Bert donnent lieu à de multiples scènes.

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Les dessins laissent aussi place (ou plutôt ont recours aussi) à la photographie, à l’archive, à la reproduction, jusqu’à l’effacement pour laisser l’espace libre pour du texte brut. Les poètes sont ainsi invités et Lete, Yeats ou Maiakowski ponctuent le récit de leurs vers en basque. Un texte majoritairement en euskara (jouant de ses variantes), mais dans lequel on trouve de l’anglais et du français, et qui invite à des prolongements sur internet en conseillant quelques adresses.

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Le livre met en scène et interroge également un couple hétérosexuel : l’amour comme conquête, la routine, le désir et la sexualité passent à la moulinette d’Etxarte et d’Urrutia.

Un ouvrage qui mêle intime et place publique, privé et politique, ferait certainement sien, mais à sa manière, l’affirmation post soixante-huitarde : « le privé est politique ». Il s’entremêle en tout cas joyeusement dans Ihes ederra.

[!] Idoia Eraso dans Le Journal du Pays Basque:


Ihes ederra, le premier roman graphique écrit par deux auteurs en euskara

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05/11/2009 | Idoia ERASO

Idoia ERASO

Hedoi Etxarte et Alain M. Urrutia, deux jeunes artistes du Pays Basque sud (respectivement d’Irruña et de Bilbo) viennent de publier Ihes ederra, le premier roman graphique en euskara. L’ouvrage paru aux éditions Alberdania met en avant deux histoires parallèles, en s’appuyant sur de nombreuses techniques littéraires et artistiques.

Les particularités que peuvent présenter l’histoire et la structure même du livre autorisent une lecture du livre à différent niveau. «On utilise la BD, la poésie, la prose… après, ce que nous nous nommons `tarteak’ ( indices ) sont aussi présents, ça présente des références par rapport à des thèmes que l’on ignore, et cela oriente aussi la lecture» a expliqué le dessinateur Alain M. Urrutia lors de la présentation du livre.

«La fuite est toujours belle» raconte Alain M. Urrutia. Cette fuite, les deux jeunes auteurs la présentent sous deux formes : sous le prisme de l’amour ou de la relation de couple d’une part et en politique d’autre part. Dans le livre, les différences que l’on peut percevoir dans ces deux espaces principaux peuvent aussi se retrouver : dominer une personne par le biais de la séduction d’un côté et ce qu’il se passe entre un pays et la culture, en faisant des parallèles entre les deux champs.

«La structuration de l’ouvrage va de pair avec la société» a expliqué Hedoi Etxarte. «De nos jours, les habitudes ludiques sont très importantes dans notre société et l’esthétique de notre livre se fond dans cette mouvance». Dans ce monde où voir et entendre sont des sens primordiaux, les auteurs ont décidé d’utiliser le langage cinématographique.

Le livre qui veut être un miroir de la réalité du Pays Basque d’aujourd’hui nous amène dans un monde imaginaire. Si le territoire basque se situe à l’intérieur de la fédération française, aucune carte du territoire n’est destinée aux lecteurs «pour ne pas fermer de possibilités et donner à chacun la possibilité de réaliser sa carte» se justifie Alain M. Urrutiak.

Ouvrir l’imaginaire des possibles

Cette ouverture de possibles, de multiples imaginaires s’exprime à différents niveaux. Le livre, et peut-être plus spécifiquement ses images, fourmille de petits détails qui ont tous un sens, une raison d’être. Ces allusions, références aussi bien à l’actualité politique qu’à l’histoire de notre pays, résonnent selon les connaissances et les sensibilités de chacun.

Si les uns comprendront facilement le «code» d’une tenue vestimentaire visant à représenter un homme politique, les autres -qui n’auront pas nécessairement compris la première allusion- percevront par contre la référence historique «cachée» dans une affiche dessinée sur un mur -référence que les premiers n’auront peut-être pas saisie-. «Nous donnons à chacun un bonbon, après, les jeux sont là où chacun les voit» résument les deux auteurs.

Autant dire qu’Ihes ederra laisse une large place à l’imagination voire aux schèmas cognitifs du lecteur ! «Les thèmes abordés sont des thèmes relatifs à la réalité présente des deux côtés de la Bidassoa. Ces derniers auront une raisonnance différente des côtés, au Sud et au Nord d’Euskal Herri» a dit Etxarte «cependant il y a des ponts qui se créent, des amitiés qui se lient avec le livre, chacun a son chemin personnel à effectuer, et nous, nous voulons créer des ponts» rajoute Urrutia.

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One Comment leave one →
  1. René permalink
    2011/10/11 5:56 pm

    Je n’ai pas lu le livre mais en lisant votre article je pense que c’est plutôt une uchronie que de la politique fiction car ça démarre en fait à partir d’un changement en 1813.
    Pour que ce soit de la politique fiction il faudrait que les faits démarrent dans un futur proche avec une extrapolation de ce qui se passe en ce aujourd’hui.
    De toute façon la démarche est sympa.

Utzi erantzun bat

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